Miriam Young's blog

La Localisation des TICs pour les Langues Africaines

Quand on parle de la promotion des TIC dans les milieux ruraux en Afrique, en quelle langue faut-il parler ? Il y a des centaines de langues en Afrique, représentant une vraie richesse culturelle, mais quelles sont les considérations à prendre en compte quand on déploie des TICs dans un contexte multilingue ? Si on veut améliorer l’accès à l’Internet pour les clients ruraux, il ne faut pas penser pas juste aux équipements nécessaires mais aux langues nécessaires aussi.

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Plusieurs organisations ont comme objectif la promotion d’usage des langues africaines dans les TIC et croient que les TIC pourraient servir à promouvoir et à préserver les langues africaines.

ACACIA, un programme du groupe canadien Conseil des gouverneurs du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), vise à promouvoir l’utilisation des TIC par des groupes marginalisés afin de démontrer que les TIC peuvent être un outil efficace pour résoudre les problèmes de développement local.

Une de leurs initiatives est le réseau africain pour la localisation, ANLoc. Le réseau est dédié à localiser les logiciels en langues et en cultures africaines. Il vise à créer des paramètres régionaux pour 100 langues africaines dans 12 mois. Bisharat, une organisation qui fait partie de ce réseau, compile des liens et des ressources concernant les langues africaines et leur développement dans le domaine des TIC.

La croissance de l’usage des technologies pourrait être une opportunité importante pour la promotion des langues africaines. Par exemple, Microsoft est en train de lancer des versions de Windows 9 en 10 langues africaines différentes, récemment ayant lancé la version éthiopienne en amharique en avril 2010. La version de Windows Vista et Microsoft Office 12 en wolof est prévue pour la fin 2011.

Qu’est-ce que vous en pensez ? Voyez-vous la promotion des TIC comme une façon de promouvoir les langues africaines aussi ou est-ce que l’anglais continuera de dominer le monde de la technologie ?

Image: ACACIA

Promouvoir les Femmes en Promouvant les TIC

Célébrée le 8 mars de chaque année, la Journée internationale de la Femme trouve son origine au XXe siècle en Europe et aux États-Unis dans la lutte pour le droit de vote et de meilleures conditions de travail. En 1977, les Nations Unies a officialisé la journée et maintenant on la fête partout dans le monde afin de promouvoir les droits des femmes.

À l’occasion de cette Journée internationale de la Femme, une question que les femmes se poseront pourrait concerner la fracture numérique de genre qui existe partout dans le monde, surtout en Afrique.

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Une publication de APC , Association pour le progrès des communications, « La fracture numérique de genre en Afrique francophone: Une inquiétante réalité », examine les disparités de genre par rapport à l’accès aux TIC dans 6 pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Selon l’auteur, «Globalement, les femmes ont un tiers de chances en moins que les hommes de bénéficier des avantages escomptés de la société africaine de l’information ».

Mais pourquoi une telle disparité existe? En Afrique, les femmes doivent faire face à plusieurs barrières aux TIC: des barrières linguistiques et d’alphabétisation, le manque de temps libre à cause de leurs nombreuses responsabilités familiales et la déstabilisation des relations de genre que les nouvelles technologies peuvent causer.

UgaBYTES, une ONG ougandaise promouvant l’accès aux TIC dans les zones rurales d’Afrique de l’Est, a mené une étude sur deux télécentres ruraux pour découvrir pourquoi ils n’attiraient pas les femmes rurales. Une des raisons était le fait que les femmes et les hommes cherchaient des informations différentes. Tandis que les hommes cherchaient de l’information sur la politique, l’économie, et le marché des affaires, les femmes cherchaient de l’information sur la santé, y compris le VIH et le SIDA, l’éducation et les bourses, les conseils pour la formation professionnelle, et la sécurité alimentaire. Si l’information n’était pas disponible, les femmes retournaient chez elles pour continuer leurs tâches familiales tandis que les hommes restaient pour jouer des jeux, utilisant le télécentre comme un lieu de divertissement.

Beaucoup de femmes avaient des difficultés à trouver du temps libre pour aller à un cybercafé parce qu’elles avaient beaucoup de responsabilités familiales. En plus, comme l’anglais est considéré comme la langue primaire de la technologie, des femmes analphabètes en anglais ne se sentaient pas toujours à l’aise en utilisant l’Internet et les ordinateurs.

Une dernière barrière qui empêche les femmes est le fait que l’Internet et le téléphone portable sont des TIC qui sont aperçues comme des déstabilisateurs des relations de genre établies, comme entre un mari et sa femme. Qui contrôle le téléphone mobile dans un ménage est une question de pouvoir qui peut provoquer des conflits. Cependant, selon l’organisation GenderIT, le téléphone portable est un outil clé dans la lutte contre la violence contre les femmes. Elle a trouvé que les femmes qui ont des portables ont beaucoup plus de chances de signaler à quelqu’un si elles sont attaquées.

Pour en savoir plus sur la fracture numérique de genre, consultez l’étude de APC ou un article du site Global Voices qui donne un bon résumé sur tous ces défis en utilisant aussi la vidéo (anglais).

Exprimez-vous et laissez vos commentaires: à votre avis, pourquoi existe-t-il toujours la fracture numérique de genre? Que ferez-vous pour fêter la Journée internationale de la Femme ?

Aucun homme n'est une île: les solutions TIC pour reconnecter Haïti

Dix jours après le violent séisme en Haïti, deux techniciens d’Inveneo, CIO Mark Summer et Andris Bjornson, sont arrivés sur place pour le déploiement d’un réseau wifi longue distance dont bénéficieront les organisations partenaires de NetHope situées à Port-au-Prince. Ce réseau permettra à ces organisations humanitaires d’accéder à l’Internet, d’utiliser la téléphonie VoIP, de collaborer et de partager l’information.

Après une catastrophe naturelle, la restauration de la communication est essentielle et plusieurs organismes comme Inveneo sont en train de mettre en place leurs propres solutions TIC afin de soutenir les efforts de la reconstruction en Haïti :

  • Dons par SMS : Les opérateurs mobiles dans différents pays ont lancé une collecte de dons par SMS en faveur des organisations comme la Croix-Rouge qui viennent en aide aux victimes du séisme.
  • S.O.S. par SMS : Suite à une collaboration entre plusieurs organisations y comprises Samasource, Ushahidi, FrontlineSMS, CrowdFlower et le départment d’Etat américain, les abonnés de Voilà, le principal opérateur de téléphonie mobile en Haïti, peuvent envoyer gratuitement un texte au 4636 pour appeler à l’aide.
  • Recherche de Personnes : Google a mis en ligne un outil permettant de rechercher une personne ou de donner des informations sur une personne trouvée.
  • Bénévolat Virtuel : Samasource recrute les bénévoles pour traduire les textes en créole vers l’anglais et The Extraordinaries a tenté d’utiliser les bénévoles pour identifier les personnes perdues dans les photos.
  • Kijan mwen ka ede ou? : Comment est-ce que je peux vous aider ? Google vient de lancer son traducteur créole.

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Qu’il soit une solution qui connecte les donateurs à l’étranger avec les organisations sur place, une solution qui connecte les bénévoles avec les actions humanitaires virtuelles, ou une solution qui permet aux gens de surmonter les barrières de la langue, les gens peuvent se mobiliser et répondre aux besoins locaux dans une façon informée et efficace grâce aux TIC. Malgré ses coordonnées géographiques, Haïti n’est surtout pas isolé.


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